VALGADINE TONGA : LA FEMME DERRIÈRE LA VOIX DU KOAT.

Vous êtes plutôt blogueuse ou journaliste?

Je suis plus journaliste, parce que le blogging c’est autre chose ; il y a le style du blogging, et ce style  vraiment je l’ai  de temps en temps, quand je veux faire un coup de gueule, ça m’arrive mais je suis davantage journaliste. Les gens qui ont le style du blogging, ce sont des amis comme Didier Ndengue, comme Atome…. Eux, Ils ont vraiment la plume du blogueur.  Moi ça m’arrive de faire des coups de gueule avec la plume, c’est à ce moment là que je me sens bloggeuse quoi. Mais 85% c’est journaliste.

Quel est l’histoire de la voix du KOAT ?

En fait, pour la petite histoire, j’ai toujours voulu créer un journal, et ce depuis que j’étais à SIANTOU, comme étudiante. A l’école, on avait des matières où l’on devait créer son journal, le meubler, et lui donner un nom. Le nom de mon journal c’était LA VOIX. Quand j’ai commencé à exercer le métier de journaliste, je me suis rendue compte qu’il y avait un journal au Tchad qui s’appelle LA VOIX. Du coup  j’ai laissé tomber. Mais quand j’ai voulu partir du quotidien Le Messager en 2015, je pensais de plus en plus à créer un journal. Mais ça m’a pris du temps pour me lancer. Le vrai déclic, c’est lorsque j’ai participé à un concours à l’échelle  je mettrais mon idée sur pied. Je concrétise. Et c’est comme ça que j’ai créé la Voix du KOAT. Koat  parce que je voulais un mot de chez nous, qui parle du Cameroun, dans lequel tous les camerounais se retrouvent. Koat c’est l’un des rares néologismes qu’on a au Cameroun, et qui nous est propre. Il n’y a  pas ça au Gabon, en Côte-D’ivoire. Le KOAT c’est uniquement Camerounais.

En tant que PDG de la voix du Koat, quels sont tes défis au quotidien ?

Mes défis au quotidien sont tellement nombreux. Pour ceux que je peux me rappeler là tout suite, je dirais, qu’il faut se lever très tôt, faire le monitoring de l’actualité, parce que lorsqu’on est en ligne, on a plus de pression que lorsqu’on est en presse écrite. Il faut d’abord avoir l’information, il faut d’abord la balancer. Ensuite, il faut vérifier l’information et la publier, parce que généralement  c’est à partir de nous que la presse écrite, la télévision ou la radio s’inspire. Il y a ça déjà, ensuite il y a les contraintes matérielles, il faut gérer avec les annonceurs. Des partenaires qui font généralement faux bond. Je comprends pourquoi les PME camerounaises ne s’en sortent pas, les partenaires sont…. J’ai failli dire un gros mot. Disons qu’ils sont chiants ! Vraiment c’est très compliqué de gérer un business au pays. Ces annonceurs sont les premiers à vous dire «  non l’article n’a pas été bien écrit, les photos n’ont pas été bien choisies  et nanani nanana…» Mais après ils vous donnent que dalle.

Y a-t-il un évènement qui vous a marqué quand vous débutiez La voix du Koat ?

Ce que je me peux me rappeler là sur champ, c’est que lorsque j’ai mis en ligne La voix du Koat, certaines personnes m’ont dit à plusieurs reprises d’ailleurs que  Koat faisait quartier, genre ragot. Mais j’ai dit non non non ! C’est ce qu’on nous a fait croire, à nous camerounais, que ce qui  vient de chez nous ce n’est pas bien. Que ce qui vient de l’Afrique c’est l’argot. Je leur ai dit que moi je veux un nom qui est propre aux camerounais. Je m’en fou de ce  que pense ceux qui sont à l’extérieur. Je veux un nom qui fédère toutes les énergies, où le bendskineur peut se reconnaître, où l’universitaire peut se retrouver, où toutes les couches sociales  peuvent  s’identifier.

Quelles sont vos relations avec les autres bloggeurs… Les autres journalistes ?

On s’entend bien, je crois qu’on s’entend bien. Maintenant j’ai souvent quelques problèmes avec les blogueurs. Car on a tendance à croire que faire du blogging c’est critiquer. Par exemple, toi Michèle qui est entrain de lancer ton blog : on dira  Michèle c’est qui ? Elle pense même quoi ? Est-ce qu’elle peut avoir des capacités pour faire son blog. Et c’est ce que je reproche le plus. L’attitude en outre. On a une attitude condescendante. Et je n’aime pas. Il faut être tranquille, quand je vois des gars comme Franck William BACHOU, qui est  l’un des pionniers du blogging au Cameroun, il est humble.  Les journalistes en ligne, surtout les blogueurs gagneraient à cultiver l’humilité. Ils se prennent la tête ! Il faut les voir lors des conférences, c’est chacun qui bombe le torse « je suis… Je suis »

Quel est la phrase que t’aimes te dire quand rien ne va ?

Je peux le faire ! Je me répète intérieurement «  Val, tu peux le faire… » . Car plusieurs fois j’ai voulu abandonner.  Quand tu te rends compte qu’il y a des factures qui tombent, tu appelles tel partenaire ou tel annonceur qui devait te donner de l’argent, et qu’il ne te dit rien de bon… Il y a même d’autres qui ne prennent plus le téléphone. Entre temps tes collaborateurs te mettent la pression pour ce qui leur revient de droit.

Vous n’oublierez jamais le jour que…

J’ai du quitter le Messager. C’est l’un des souvenirs les plus marquants de ma vie, parce que j’espérais beaucoup quand j’étais là-bas. Mais il y a eu trop de problèmes, les aérés de salaires, on ne vous estime pas, on vous rabaisse sans cesse, de manière générale, pas personnellement. Et moi qui ne pensais pas partir du Messager un jour, car je me voyais faire même 10 ans là-bas. J’ai dû m’y résoudre. Il y avait des aînés qui me disaient chaque fois «  tu ne peux pas te faire un profil de carrière ici. Tu es jeune, tu es talentueuse, fonce ailleurs !»  Mais je n’ai aucun  regret, car si je ne partais pas du Messager, la voix du Koat n’aurait pas vu le jour. Mais bon le Messager m’a appris énormément

Quel est l’erreur que vous ne commettrez plus jamais ?

C’est vrai qu’il ne faut jamais dire jamais, mais l’excès de confiance m’a apporté beaucoup de problèmes. Parce que je fais facilement confiance aux gens, du coup on me fait facilement du mal. Maintenant je fais confiance avec réserve.

« 10 years challenge »… Comment étiez vous il y a de cela 10 ans ?

10 ans ça veux dire  2009… je pense. En 2009 j’étais… encore à Siantou, je préparais le BTS avec des amis, qui ont réussi aujourd’hui, il y a Nadine Guepi qui était à Mutations ; maintenant elle est Rédactrice en chef du journal en ligne, le Journal du Cameroun. Il y a Gerry Eba , qui est à Yaoundé dans une chaîne de télévision. A cette époque, je n’avais qu’un seul objectif c’était avoir le BTS. A côté de cela je sortais, il y avait la bringue, je m’amusais beaucoup. Mes plus belles années je les ai passées à l’université…. Car je me suis fait des amis pour la vie.

Parlons à présent de la femme et plus de la journaliste… Etes-vous pour ou contre l’infidélité ?

Moi j’ai un point de vue qui dérange et qui étonne certaines personnes c’est que moi je me considère comme une africaine une bantoue,  si je suis avec un homme je suis avec lui, et lui seul. Maintenant du côté de l’homme, si je suis avec un homme et qu’il sort avec une femme à mon insu, que ça reste à mon insu. Nos parents avaient plusieurs femmes, et ce n’était pas un drame. Aujourd’hui tu es avec un homme, vous n’êtes même pas encore mariés, dès que tu le vois avec une autre, tu te mets dans des états pas possibles, tu lui cris dessus, et parfois même certaines vont jusqu’au crime passionnel.  Bref ce sont des considérations que je n’arrive pas à comprendre.

Quel est votre idéal masculin ?

Physiquement,  j’aime les hommes virils, musclés, pas trop musclés mais quand même. Il faut que je sache qu’en face de moi il y a un homme, un vrai. En outre, j’attends de mon homme qu’il respecte ma profession.

Quels sont vos projets pour 2019 ?

Pour 2019, j’aimerais étendre la renommée de La voix du Koat. Certes on est lu à travers le monde mais je veux qu’on aille plus loin. J’aimerais qu’on ait de vrais annonceurs qui assument les charges

Vous pourrez aussi aimer

2 commentaires

  1. Ah oui!Val cest toi meme ke je viens de lire la. Tu es courageuse et tu t’assumes.je te souhaite beaucoup de courage et te vois deja dans kelkes annees, dans une belle voiture et les gens qui connaissent pas ke tu as du bosser tres dur avec sacrifice a l’appui dire: « elle se prend la tete hein celle la… ». Mais tu continueras ton chemin. Que le Seigneur ouvre la porte pour faire entrer les annonceurs. Et on fera le after work dans un bon coin de Deido

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
4 × 25 =